Titre de l’Oeuvre : Jaune Soleil, Bleu de France, Rouge Bordeau, Vert Olive
Date de création : 1992
Nature de l’oeuvre : peinture
Materiaux : toiles tendues sur châssis en bois
Procédure d’acquisition : commande spécifique (7 jours de l’art)
Localisation actuelle : bibliothèque universitaire Droit-Lettres, esplanade Erasme, campus de Dijon
Suite au succès du Méandre de Julije Knifer, les membres du personnel de la Bibliothèque Droit-Lettres ont rapidement manifesté leur désir d’installer une nouvelle œuvre contemporaine dans l’espace de leur lieu de travail. Ainsi, à l’occasion des Sept Jours de l’Art à l’Université de 1992, et grâce à la procédure des « Nouveaux Commanditaires » mise en place au début des années 1990, commande fut prise auprès de l’artiste français Bertrand Lavier.
Né à Châtillon-sur-Seine en 1949, Bertrand Lavier vit et travaille à Aignay-le-Duc, en Côte d’Or. Au tournant des années 1970, alors qu’il n’a que vingt ans et qu’il suit encore des études d’horticulture à Versailles, il découvre dans l’art contemporain un moyen d’expression au pouvoir exceptionnel. Au contact des œuvres révolutionnaires qui émergent alors sur la scène internationale, issues du Land Art ou de l’Art Conceptuel, il va développer son propre langage artistique, dans une œuvre à la fois protéiforme et cohérente. Malgré sa profonde originalité, on peut l’intégrer à une nouvelle génération d’artistes d’avant-garde pour qui, dans la lignée de Marcel Duchamp, l’objet est source d’inspiration. Au regard des productions de Jean Le Gac ou de Christian Boltanski, son travail s’inscrit également dans ce que Xavier Douroux désigne comme « un mouvement français d’appropriation de la peinture ». Lavier s’intéresse tout particulièrement à la question du réel et de sa représentation, et au « déplacement » de l’objet dans le champ institutionnel de l’art. À ce titre, ses objets peints et ses objets superposés sont tout à fait remarquables dans l’art de ces trente dernières années.
Dans ses toiles installées sur la mezzanine de la salle de lecture, au sein de niches aménagées entre les rayonnages, il s’inspire d’un procédé qu’il a mis en oeuvre pour la première fois en 1974 (Rouge Géranium par Duco et Ripolin) et le décline en quatre diptyques. Leurs titres suggèrent qu’il a pioché dans les nuanciers des fabricants de peinture industrielle pour en couvrir la surface. L’œuvre consiste en la juxtaposition de panneaux colorés qui, alors qu’ils sont supposés présenter le même aspect, apparaissent en réalité très différents. Ainsi, au-delà d’une apparente simplicité formelle qui les inscrit dans la tradition picturale du monochrome, Lavier illustre comment une couleur précisément définie par le vocabulaire n’a pas d’identité constante chez les fabricants. En pointant cette incohérence, l’artiste rend visible l’imperfection de la norme et questionne la capacité du langage à traduire le réel. Et dans une mise en abîme quasi-phénoménologique, le regardeur s’interroge alors sur la fiabilité du modèle naturel lui-même, et comprend que la réalité est toujours affaire de subjectivité.
Par sa présence discrète dans ce lieu où convergent les savoirs, cette œuvre est un contrepoint burlesque qui rappelle le besoin permanent d’un regard critique sur la connaissance. Non sans humour, Bertrand Lavier ébranle les certitudes, et offre à chacun la possibilité de rêver ces couleurs indéfinissables.

- Jaune Soleil, Bleu de France, Rouge Bordeau, Vert Olive, par Bertrand Lavier (1992) | Localisation actuelle : bibliothèque universitaire Droit-Lettres, esplanade Erasme, campus de Dijon

- Jaune Soleil, Bleu de France, Rouge Bordeau, Vert Olive, par Bertrand Lavier (1992) | Localisation actuelle : bibliothèque universitaire Droit-Lettres, esplanade Erasme, campus de Dijon
L’artiste : Bretrand lavier
Biographie bientôt en ligne








