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Entretien avec Emmanuel Chevet, doctorant en histoire contemporaine

« Je veux éviter de passer pour un rat de bibliothèque. »


Emmanuel Chevet © Valéry Maillot
Emmanuel Chevet © Valéry Maillot
photo © Valéry Maillot

Entretien avec Emmanuel Chevet, qui réalise une thèse sur les rapports entre les gendarmes et les maquisards durant la seconde guerre mondiale. Ses recherches sont dirigées par Serge Wolikow.

Propos recueillis par Alice Chappau et Quentin Neveu





Pourquoi avez-vous choisi de faire une thèse ? C’est d’abord mon goût pour la recherche. J’adore chercher, ça me semblait être la suite logique à donner à mon cursus. Pendant les années précédentes, notamment en maîtrise, j’avais déjà approché le monde de la recherche, en écrivant un livre. C’était un travail énorme dans les archives, tout est parti de là. Évidemment, le fait que ma thèse soit financée a été un argument de poids, mais pas décisif. La thèse, je la vois plutôt comme une valorisation du diplôme de doctorat en tant que compétence. Je veux éviter de passer pour un historien, souvent perçu comme un rat de bibliothèque.


Comment s’est passé la première présentation en public de vos travaux ? Extrêmement bien ! C’était au bout d’un an de recherche, à l’occasion d’un colloque à Paris [26 octobre 2006, NDLR], j’y avais fait deux interventions. Ce fut une sacrée expérience, qui m’avait demandé beaucoup de préparation, et me stressait carrément. J’en ai aussi profité pour présenter des travaux que j’avais publiés, de créer mon réseau de contacts. Aujourd’hui, j’approche ces colloques de manière plus détendue, dans l’idée de connaître de nouvelles personnes, ce qui n’avait pas été le cas cette fois-là. Les rencontres comptent autant que les exposés auxquels on assiste. Une très bonne expérience à vivre !


Emmanuel Chevet © Valéry Maillot
Emmanuel Chevet © Valéry Maillot

Quels sont les aspects positifs et négatifs d’une thèse ? Le gros inconvénient d’une thèse est qu’on passe tellement de temps sur un seul sujet, qu’on devient très spécialisé, et qu’on perd des connaissances sur le reste. Le travail propre aux sciences humaines (archives par exemple) créé un risque d’ermitage ; on peut vite devenir un ours. En revanche, conduire des recherches pour une thèse développe notre esprit d’analyse, notre esprit critique. Au fur et à mesure, on en vient à avoir une structuration des idées et une organisation du travail impeccable. Maintenant, quand je donne mes cours, je fais le plan très vite, bien plus qu’au début !

La thèse oblige-t-elle à des sacrifices, ou laisse-t-elle une grande place à des « à côté » ? Pas vraiment, je fais toujours du sport à côté [du foot, NDLR], je sors pas mal, je garde mon réseau de potes. Pour ne pas devenir un ours, une thèse oblige presque à faire des sorties, à voir des gens.


Et après la thèse ? L’après thèse s’anticipe ; c’est souvent un traumatisme pour les thésards, qui passent de plusieurs années de quasi-ermitage passées à faire des recherches puis, plus rien. Moi je m’y suis préparé. Après la soutenance, je vais prendre un bon mois de vacances, ensuite un petit boulot comme des vacations en lycées, ou participer à un projet scientifique, un ouvrage collectif par exemple. J’aime bien l’enseignement, mais je préfère la recherche, on verra…


Emmanuel Chevet, doctorant en histoire depuis 2005 Directeur de thèse : Serge Wolikow Titre de la thèse : « Gendarmerie et maquis sous l’occupation en France » Soutenance prévue en octobre/novembre 2010

Fiche présentation

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Radio : le microscope et la blouse

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