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« Hommage à Jacques Monod » par Gottfried HONEGGER

Titre de l’Oeuvre : Hommage à Jacques Monod
Date de création : 1974
Nature de l’oeuvre : sculpture
Materiaux : acier peint en noir
Dimensions : 4 x 4 x 6 mètres sans le socle
Procédure d’acquisition : 1% artistique
Contexte d’acquisition : commande 1% culturel, accompagne la construction de la faculté de médecine et pharmacie.
Localisation actuelle : esplanade Erasme, campus de Dijon

Aujourd’hui située sur l’esplanade Erasme, Hommage à Jacques Monod (1974) a été réalisée par l’artiste suisse Gottfried Honegger (1917 - ) grâce au crédit du 1 % artistique lié à la construction de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Dijon.

Initialement placée devant l’entrée de ces bâtiments, cette sculpture reposait sur une plate-forme sur laquelle le spectateur pouvait circuler. Après son installation ayant fait l’objet de dégradations et de dépréciations violentes, elle fut déplacée, rehaussée sur un socle en béton et entourée d’un buisson épineux. Altérée au cours des années par des dégradations diverses et les rigueurs du climat, elle a été restaurée par Olivier Morel en 2003.

A la fin des années 1960, influencé par l’art concret (Max Bill, Richard Lhose), Gottfried Honegger poursuit ses recherches sur l’élaboration de systèmes dans lesquels dominent la forme, la géométrie et la couleur. Hommage à Jacques Monod appartient à une série de sculptures nommées « Structure » (1970-1978). Cette série fait intervenir dans son processus de création la notion de hasard, pris dans son sens objectif et scientifique et tel que le définit Jacques Monod, prix Nobel de médecine, dans son ouvrage Le hasard et la nécessité (1970). Pour la conception de cette œuvre, l’artiste pour la première fois fait appel à un ordinateur. Il élabore un programme dont le cadre est déterminé par les chiffres 5 et 8. Huit éléments, numérotés de 1 à 8, sont ordonnés arbitrairement et programmés dans la machine qui doit en sélectionner cinq à partir desquels elle établit toutes les combinaisons possibles d’agencement. Sur les 6720 permutations, une seule est retenue par un tirage au sort. Celle-ci donne la position et la place définitive des cinq éléments qui vont déterminer la composition finale. Hommage à Jacques Monod est réalisée à partir du plan donné, né d’un mode d’assemblage aléatoire. Son exécution reste volontairement anonyme, mécanique et industrielle. D’une structure géométrique de grande dimension (4 m x 4 m x 6 m), l’œuvre impose sa présence sur le campus universitaire. On peut la percevoir dans son ensemble ou identifier successivement chacune des cinq figures. Noires, en acier inoxydable, de même épaisseur, elles sont composées de formes simples inscrites dans un plan vertical. La découverte progressive de cette configuration éveille la perception visuelle du visiteur qui sera à nouveau stimulée par ses déplacements et ses choix d’angles d’approches (lointains/rapprochés). Les multiples points de vue créent des jeux de perspectives inattendues qui font évoluer les lignes et transforment ce volume constitué de plein et de vide. Parallèlement, les variations de la lumière naturelle modifient sa couleur. Elles produisent des oppositions (gris/noirs) et des contrastes (mats/brillants) sur les surfaces lisses métalliques. Ces expériences renouvellent sans cesse ses sensations visuelles et incitent le spectateur à être créatif dans son appréhension de l’art. Gottfried Honegger estime avoir une responsabilité en tant qu’artiste dans la société. Persuadé de l’importance de l’art dans la vie, il nous invite à apprendre à regarder.

L’artiste : Gottfried Honegger

Né en 1917 en Suisse. Vit et travaille dans le sud de la France. Artiste éclectique, d’abord décorateur et graphiste, il devient plus tard sculpteur et peintre. Sa réputation internationale voit le jour à la fin des années 50 avec une exposition aux Etats-Unis. A partir de 1960, c’est la sculpture qui le préoccupe (série Volume). A partir de 1970, il réalise la série Structure et intègre un élément déterminant dans sa création : le hasard, qui lui servira à sélectionner la forme de la sculpture grâce à des calculs complexes réalisés sur ordinateur. L’ouvrage du scientifique Jacques Monod servit la méthode de Gottfried Honegger.

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