Titre de l’Oeuvre : Méandre
Date de création : 1990
Nature de l’oeuvre : peinture
Procédure d’acquisition : commande spécifique
Localisation actuelle : bibliothèque Droit-Lettres, campus de Dijon
Méandre réalisée par l’artiste croate Julije Knifer (1924-2004) est la première commande publique de l’Université de Bourgogne. Inaugurée en 1990, cette peinture murale est située dans l’ancien hall d’entrée de la Bibliothèque Droit-Lettres. À l’origine, le visiteur arrivait face à l’œuvre, aujourd’hui, l’accès à la salle se fait dos à l’œuvre.
Les méandres noirs et blancs caractérisent l’art de Julije Knifer depuis 1960. Les méandres sont l’essence du fait, qui commence nulle part et finit nulle part, déclare l’artiste à propos de son art, un art sans progression ni régression, sans développement ni avancement. Sa vie durant, l’artiste décline ce motif. Ses variations sur le méandre sont infinies et ne suivent aucun plan préconçu. Il n’y a pas de forme évolutive : dans la réitération tautologique de ce thème, l’artiste exclut l’idée de progrès et d’évolution chronologique. La naissance de ce thème dans l’œuvre de Knifer coïncide avec la résurgence de l’esprit nihiliste et néo-dadaïste au sein du groupe Gorgona auquel l’artiste participa activement. En réitérant une même proposition visuelle, Knifer s’inscrit en outre dans un courant d’artistes qui choisissent la répétition d’un même (Buren), cherchant à atteindre un degré zéro de la peinture, une sorte de littéralité de l’œuvre. La répétition inlassable et obsessionnelle du même motif confine à l’absurde que Knifer revendique comme une forme de liberté. Par l’aspect répétitif, l’utilisation exclusive du noir et blanc et des lignes verticales et horizontales, Knifer manifeste sa volonté de pratiquer un « art du modeste », un « art du peu », une « anti-peinture ». Fidèle à Gorgona, il obéit aux principes du groupe en utilisant la peinture telle qu’elle sort du pot. D’où cet aspect lisse, précis, dépourvu de toute nuance, impersonnel : la touche du peintre est invisible.
En respectant les lignes de l’architecture intérieure, l’artiste a montré un souci d’intégration au site. Sa structure épouse parfaitement l’organisation géométrique de l’espace : elle s’étend sur deux murs de la salle, respectant l’angle à 90° de la jointure des deux pans de mur. Composée de lignes verticales noires et d’aplats blancs très lumineux, cette vaste fresque de 3 m de haut et 25,3 m de longueur, peinte à l’acrylique, forme une suite de 14 panneaux délimités par les rainures du mur. Les lignes verticales de largeurs différentes qui viennent rythmer la composition s’inscrivent dans la continuité des pans de bois et des surfaces vitrées découpées par des armatures de bois. L’association des lignes verticales et horizontales fait écho au quadrillage du plafond à caissons et contribue à l’unité existant entre la peinture et son espace environnemental. Méandre doit être vue moins comme une œuvre autonome que comme le chapitre d’une œuvre en chantier perpétuel, une œuvre où chaque tableau apporte sa pierre à un édifice constructible à l’infini.

- Méandre, par Julije Knifer (1990) | Localisation actuelle : bibliothèque Droit-Lettres, campus de Dijon

- Méandre, par Julije Knifer (1990) | Localisation actuelle : bibliothèque Droit-Lettres, campus de Dijon
Méandre
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L’artiste : Julije Knifer
En 1960, Julije Knifer élabore une forme de composition toute personnelle au terme d’une réduction radicale des éléments picturaux. Depuis cette date, il reproduit inlassablement le même processus : la création de rythmes à partir de l’utilisation exclusive du noir et du blanc, de l’horizontale et de la verticale.Knifer dit lui-même qu’il n’invente rien, que son travail consiste à noter des faits. Ajoutons qu’au delà de la peinture abstraite, ce travail tient de l’écriture, de l’image et du signe. A la suite de l’avant-garde moderniste, il offre ainsi une alternative à l’art non-objectif avec l’inscription d’une pure présence, formelle et existentielle à la fois.








