Titre de l’Oeuvre : Anti-Robot
Date de création : 1976
Nature de l’oeuvre : sculpture
Materiaux : métal peint, tôle d’acier cintrée, soudée et vissée
Dimensions : 3,05 x 12,95 mètres
Procédure d’acquisition : 1% artistique
Localisation actuelle : esplanade Erasme, campus de Dijon
En 1976, trente ans avant sa mort, Karel Appel installe son Anti-Robot sur l’esplanade Erasme, dans un paysage où les amphithéâtres Galilée et Gutenberg n’existent pas encore. Cette sculpture monumentale, la plus grande jamais réalisée par l’artiste hollandais et la seule commande publique qu’il a reçu sur le territoire français, a été financée grâce à 1% du budget alloué à la décoration des amphithéâtres Aristote et Platon.
Né à Amsterdam en 1921, Appel fut avant tout peintre, sculpteur et poète. Après des études à la Royal Academy of Fine Arts, il découvre les peintres danois puis il fonde avec Corneille et Constant le Groupe Expérimental hollandais, autour de la revue Reflex. En novembre 1948, il est encore parmi les fondateurs du mouvement COBRA (COpenhague, BRuxelles, Amsterdam), qui entend se défaire de l’emprise du surréalisme, et de l’hégémonie de la scène artistique parisienne. Liberté et spontanéité, démocratisation et pluridisciplinarité en sont les maîtres mots, les devises qu’Appel s’attachera toute sa vie à développer, aux quatre coins du globe. Nées d’une utilisation passionnée de la couleur et de la matière, ses œuvres proposent un expressionnisme tonique et incisif, parfois très lyrique dans les années 1960. Selon lui, l’œuvre doit naître sans préoccupation stylistique, sans souci de la norme, dans la densité de l’instant. Et le processus créatif devient une forme d’expérimentation totale, un acte pulsionnel puisant dans les forces vitales et dans l’inconscient. Inspiré de l’art des enfants et des malades mentaux, on le considère également comme l’un des précurseurs de l’art informel, et dans la très riche histoire de l’art néerlandaise, Appel prend désormais place à la suite de Rembrandt, Bruegel, Van Gogh ou Mondrian.
L’Anti-Robot est une structure métallique recouverte de peintures laquées, réalisée par une entreprise de Chevigny-Saint-Sauveur avec des moyens industriels. Différents plans s’entrecroisent à la manière d’une analyse cubiste, esquissant les contours d’un personnage avenant, qui accueille les usagers de l’université d’un salut de la main. Avec des aplats de couleurs vives et des formes élémentaires dont la juxtaposition donne naissance au motif, l’artiste offre une image joyeuse évoquant l’imaginaire d’une enfance gaie et insouciante. Comme dans l’ensemble de son œuvre, Karel Appel développe ici une imagerie primitive, simple et expressive, qui mobilise les figures archétypiques issues de l’inconscient collectif. Car il recherche l’essence de l’art dans ses origines, et pense que le geste artistique doit s’abolir de la raison. Dans sa sculpture installée derrière la Faculté des Sciences, il propose alors une alternative à la logique industrielle et scientifique, accentuée par le détournement de matériaux dédiés à l’univers des machines. Une fleur à la main, l’Anti-Robot devient donc le porteur de valeurs essentielles, l’image poétique d’un être qui questionne la dimension trop rationnelle de la société moderne.
L’artiste : Karel Appel
Amsterdam, 1921 - 2006.
Appel est tour à tour peintre, sculpteur, dessinateur, poète. Il participe en 1948 au mouvement CoBrA (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam : lieux de résidence des artistes) qui développe un art figuratif et agressif.






