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Entretien avec Morgan Poggioli, docteur en histoire

« Je ne regrette pour rien au monde cette intense période de recherche ! »


Entretien avec Morgan Poggioli, docteur en histoire. Il a soutenu sa thèse, consacrée à la CGT durant les années 1930, en décembre 2005.

Propos recueillis par Elie Chevignard et Marie-Anne Derville


Pourquoi avoir fait une thèse ?

Passionné par l’Histoire, le fait qu’une allocation de recherche m’ait été accordée m’a décidé à m’engager en doctorat : tous les étudiants ne peuvent pas toujours trouver un financement… Je me suis donc lancé. Mon professeur référent de DEA m’avait informé du rapatriement en France d’archives inédites qui avaient été jusqu’alors conservées à Moscou. Le fait de pouvoir être le premier à me pencher sur ces documents m’est apparu comme une chance unique.


Avez-vous eu l’occasion de présenter vos résultats en public ?

Les premières présentations de mes recherches ont eu lieu lors de séminaires. Ces réunions se déroulent souvent au laboratoire auquel on est rattaché, en comité restreint. Les temps de présentations et d’échanges sont plus riches que lors des colloques où tout est plus formel. C’est l’occasion de faire le point quant aux avancées et aux problèmes concernant un travail de recherche. Par la suite, je suis intervenu dans plusieurs colloques nationaux et internationaux et je participe encore régulièrement à l’Expérimentarium.


Quel rôle a eu votre directeur de thèse ?

J’ai eu d’excellents rapports avec le professeur Serge Wolikow. Il me suivait depuis mon mémoire de Maîtrise et c’est grâce à lui que j’ai eu la chance de pouvoir traiter des archives inédites. Le reste est allé de soi, il a toujours été là pour me canaliser, tout en me laissant une grande indépendance.


Quelles furent les joies qui ont marqué votre parcours de jeune chercheur ?

Les trois années de dépouillement d’archives ont été palpitantes. J’étais émerveillé devant la possibilité de découvrir ou d’éclaircir certains passages flous de l’histoire de France. Il y avait près d’une centaine de cartons à explorer, ce qui équivaut à 30 mètres linéaires ! J’y ai trouvé des éléments inédits ! La soutenance fut le deuxième moment fort. En plus de l’aboutissement, il faut ajouter la satisfaction ressentie au moment ultime d’exposer le « produit fini » à des gens que l’on admire. Des membres du jury m’ont confié avoir beaucoup appris en lisant ma thèse. Une sorte de consécration !


Comment avez-vous articulé votre vie de jeune chercheur avec votre vie privée ?

En ce qui me concerne, je n’ai fait aucun sacrifice ! (Rires) J’ai toujours réussi à mêler détente et travail. Ma règle d’or : respecter le week-end ! J’ai tout de même connu une petite déprime post-thèse : après un projet si intense, il y a un nécessaire passage à vide ! Malgré cela, je ne regrette pour rien au monde cette intense période de recherches !


Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Aujourd’hui je reste rattaché au centre Georges Chevrier en tant que chercheur associé. Je suis toujours chargé de TD. J’écris des articles dans des revues spécialisées et j’ai publié un ouvrage issu de ma thèse en 2007. A l’école doctorale, je travaille en tant qu’ingénieur de recherches. Je suis pour le moment à temps partiel en contractuel mais j’espère obtenir une titularisation de mon poste. J’ai très envie de continuer la recherche.


Info + Titre de la thèse : « La CGT du Front populaire à l’Etat français (1934-1940). De la réunification à la scission, de la scission à la dissolution ». Thèse soutenue le 2 décembre 2005. Directeur de thèse : Professeur Serge Wolikow. Equipe de recherche : Centre Georges Chevrier (UMR 5605).

Fiche présentation

mpoggioli - PNG - 4.1 ko

Radio : Le Microscope et la Blouse

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