Titre de l’Oeuvre : ENTRE-TEMPS/DE,ET,OU
Date de création : 1998
Nature de l’oeuvre : tubes et lettres de métal peints en noir à l’extérieur
Contexte d’acquisition : 1% artistique de la Bibliothèque universitaire du Creusot
Localisation actuelle : Bibliothèque universitaire du Creusot
Deux œuvres de l’artiste Peter Downsbrough ont été réalisées en 1998 dans le cadre du 1% artistique pour la bibliothèque universitaire du centre universitaire Condorcet au Creusot : Entre-temps/De, Et, Ou et De/ La.
Dans son travail, l’artiste américain né en 1940 mène une réflexion sur le langage et l’espace. Son vocabulaire plastique, minimaliste est réduit à la ligne et au texte. Il s’inscrit dans la tendance de l’art conceptuel apparu dans les années 1960 et 1970 aux Etats-Unis et en Europe. L’œuvre De/La, érigée devant la façade principale, est composée d’une structure en métal constituée de plusieurs tiges verticales sur lesquelles sont placés deux mots, « de » et « la ». Entre-temps/De, Et, Ou est située à l’intérieur de la bibliothèque. Des mots et des lignes, peints sur des poteaux métalliques ou collés sur des baies vitrées à l’aide de bandes adhésives noires, sont répartis à divers endroits de la salle. L’architecture intérieure est utilisée ici comme support de l’art de l’artiste qui intègre dans le lieu un texte dont la matérialité crée une perturbation. L’expression « Entre-temps », inscrite sur les vitres du balcon donnant sur l’atrium, fait référence à la fonction originelle du site. Autrefois, halle des grues et locomotives du XIXe siècle, cette salle est aujourd’hui un lieu d’étude et de recherche. L’œuvre rappelle aussi la condition des étudiants se trouvant dans un entre-temps continuel, une perpétuelle expectative face à un avenir incertain… Les conjonctions « de, et, ou » et les articles « le, la » ont une vocation coordinatrice. « et », inscrit à plusieurs reprises, signale la relation entre les différentes parties du travail de l’artiste, entre l’œuvre et le visiteur, et entre l’œuvre et le lieu d’exposition. Ces termes ont une position chronologique les uns par rapport aux autres, ils se révèlent au fur et à mesure du déplacement. La disposition choisie a toujours une valeur hiérarchique et/ou stratégique en fonction de la position du spectateur dans l’espace. L’œuvre se donne autant à déchiffrer qu’à voir. Lorsque l’artiste choisit ses textes, il présuppose une communauté de visiteurs, des étudiants en l’occurrence, à qui ces mots évoquent un ensemble de thèmes qui sont en rapport avec l’histoire, le patrimoine industriel et la culture. Une fois décomposés en syllabes et agencés selon sa volonté, ces mots courants vont appartenir au domaine public et revêtir un rôle critique, à l’adresse de l’établissement même, la bibliothèque, où le savoir est stratifié, cumulatif et toujours incomplet. Quand une prise de position s’impose, l’artiste se sert de l’apparente neutralité de mots simples, à valeur universelle et accessibles à tous. Ses œuvres s’inscrivent dans une réflexion sur la langue, orale ou écrite, et sur la structure de l’espace qui se définit aussi par nos besoins, nos goûts, nos activités. Pour Peter Downsbrough, le langage et l’espace sont à la base de nos schémas de pensée, par ses interventions, il cherche à nous les faire percevoir de manière différente.
L’artiste : Peter Downsbrough
Il développe, depuis la fin des années 60, une réflexion sur l’espace et le langage. Lignes, figures géométriques, mots et signes s’agencent et créent une sorte de syntaxe entre sens et lieu, entre mots et espaces.






