« La recherche, c’est toute une histoire »
Entretien avec Tony Jourdan, doctorant en troisième année de thèse. Il se consacre à l’étude d’un médicament anti-obésité, le Rimonabant, au sein du laboratoire INSERM de l’Université de Bourgogne.
Propos recueillis par Rosa Rosano et Coralie Morelle
Pourquoi avoir fait une thèse ? Cela a été un véritable concours de circonstances, une opportunité que j’ai saisie. Lors de mon année de Master à l’uB il y a plus de 2 ans, j’ai fait la rencontre du Pr. Pascal Degrace, directeur d’un laboratoire spécialisé dans le métabolisme et l’utilisation des nutriments par l’organisme. J’ai effectué un stage chez lui puis il m’a proposé un sujet de recherche à la fois intéressant et inconnu : l’étude et l’implication du système endocannabinoïdien dans le développement de l’obésité ainsi que le rôle d’une hormone particulière, l’adiponectine. (cf. fiche de présentation du sujet). La raison pour laquelle j’ai accepté de me lancer dans cette aventure est aussi que nous avons obtenu un financement avec un groupe pharmaceutique.
Quel rôle a le directeur de thèse ?
Le Pr. Pascal Degrace est une personne remarquable sur le plan humain et scientifique. Au-delà de tout le travail qu’on lui fournit, il sait nous apprécier avec des valeurs humaines. C’est à lui qu’on donne nos résultats, nos idées. En échange, il propose des solutions et donne des conseils. Il m’encourage et m’apporte beaucoup : il est rigoureux, logique et pratique, des qualités dont on a le plus besoin dans ce genre de recherches. C’est un plaisir de travailler avec une personne comme ça, ce qui n’est malheureusement pas le cas dans tous les laboratoires.
Quelles sont les joies et les déceptions qui ont marqué votre travail de cette thèse ?
C’est un mélange constant d’excitation, de stress, de fatigue, de frustration, d’impatience et de colère. Souvent, on ne dort pas bien dans l’attente des résultats qu’on a mis en route. Il est essentiel d’être bien entouré (au labo il existe une grande solidarité entre thésards) !
Comment articulez-vous votre vie professionnelle avec votre vie personnelle ?
Il est difficile de concilier vie privée et recherche mais je continue à sortir et à faire du sport ! En étant financé par le privé, j’ai un rapport d’activité à rendre régulièrement ce qui me prend beaucoup de temps. Finalement, quand le sujet nous passionne, on n’a pas de scrupules à y passer des heures.
Avez-vous eu l’occasion de présenter votre recherche en public ? A l’Expérimentarium en particulier. Cela a été une expérience divertissante : expliquer ses recherches aux enfants qui n’ont pas d’a priori. Une anecdote : je faisais une intervention auprès d’élèves de CM2, quand une petite fille blonde me dit « ca va pas marcher ça ! ». Tant d’innocence dans le regard et pourtant elle avait raison ! Pour les présentations devant un public plus âgé, il faut gérer l’égo de l’adulte.
Quels sont vos projets pour l’avenir ? Je compte effectuer une année d’ATER (Assistant Temporaire d’Enseignement et de Recherche) si une campagne de recrutement est ouverte. Cela me permettrait de terminer véritablement le projet. Il me serait aussi possible de partir à l’étranger afin d’effectuer un stage postdoctoral dans un laboratoire. Mais mon véritable rêve est de monter un laboratoire de recherches au Maroc, puisque ce pays a un potentiel énorme à exploiter. Il faut y aller au culot !
Et un jour, directeur de thèse ?
Je ne sais pas si j’en aurais la patience ! (rires)
Info +
Titre (provisoire) : Effets de la réduction de la masse grasse induite par le Rimonabant sur le métabolisme des lipides chez la souris obèse, implication du système endocannabinoïdien. Directeur de thèse : Pascal Degrace Date de soutenance prévue : décembre 2010











