« J’ai fini ma thèse, mais ce n’est que le début »

- Viviane et un livre « à toucher »
- Photo : Valéry Maillot
Marie Viviane Fernandes, chercheuse au LEAD*, est l’auteure d’une thèse sur le développement des représentations graphiques, élaborées à partir du toucher chez les enfants voyants et déficients visuels.
Propos recueillis par Thérèse Di Campo et Laure Pichegru, étudiantes du Master Pro Euromédias (uB)
Pourquoi avoir fait une thèse ?
Ce n’est pas une idée que j’avais au départ. J’ai commencé par une licence, puis une maîtrise en psychologie. C’est au fur et à mesure que l’aspect recherche s’est imposé à moi. Après la validation de mon DEA (Diplôme d’études approfondies), j’ai voulu poursuivre mes recherches. Le sujet de mon mémoire de fin d’études me tenait vraiment à cœur et, grâce à l’obtention d’une allocation de recherche*, j’ai pu m’inscrire en thèse.
Vous avez soutenu votre thèse en 2009. Comment avez-vous vécu cette expérience ?
J’étais bien sûr stressée, mais confiante. On vit ce moment comme un aboutissement après trois ans et demi de travail. Le plus stressant, ce sont les questions, pour lesquelles on n’est jamais totalement préparé !

- Dessins d’enfants
- Photo : Valéry Maillot
Quel rôle a joué votre directeur de thèse ?
Annie Vinter, ma directrice de thèse, est quelqu’un de très disponible pour ses étudiants. C’est rassurant, car on sait qu’il y a toujours quelqu’un pour nous guider. De plus, au LEAD, on dispose des infrastructures adéquates pour travailler dans les meilleures conditions. Tous les doctorants possèdent un bureau dans le même bâtiment que les chercheurs, ce qui facilite le travail et les échanges avec nos directeurs de recherche. On a de la chance car ce n’est pas le cas pour tous les doctorants (d’autres disciplines) qui n’ont pas toujours un bureau dans le laboratoire où travaille leur directeur de recherche.
Comment avez-vous articulé votre vie de professionnelle avec votre vie privée ?
Si on veut faire les choses correctement, il faut s’investir et cela implique de mettre sa vie privée parfois entre parenthèses. Surtout en dernière année, car il y a une échéance à tenir. Cela dit, en psychologie, les doctorants ont la chance de faire des expériences, de travailler en laboratoire. On se sent moins seul. En ce qui me concerne, j’ai eu l’opportunité de mener différentes études auprès d’enfants et d’être en contact avec le personnel de plusieurs institutions.
Quelles sont les joies mais aussi les déceptions qui ont marqué votre parcours dans la réalisation de cette thèse ?
Je n’ai pas vraiment de déceptions. Je suis allée au bout de mes recherches, même si certaines expériences n’ont pas été présentées dans ma thèse, faute de « place ». Ma plus grande joie a été de voir mon travail récompensé par un prix de recherche. Ce sont des moments de bonheur : on voit que notre travail est utile et ne reste pas seulement dans les bibliothèques.
Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Dans l’idéal, j’aimerais travailler comme maître de conférences à l’université et contribuer à développer les échanges entre le milieu de la recherche et les praticiens. Cette année, mon objectif est de continuer à publier des articles afin de pouvoir prétendre à l’un de ces postes. J’ai fini ma thèse, mais ce n’est, en fait, que le début.
* LEAD : Laboratoire d’étude de l’apprentissage et du développement.
* Allocation de recherche : contrat à durée déterminée entre l’Etat et un doctorant afin de permettre à ce dernier de se consacrer exclusivement à ses travaux de recherche pour la préparation de sa thèse. Sa durée est d’un an, renouvelable tacitement deux fois. Source : Site officiel de l’université Paris-Sorbonne.
Info +
Titre de la thèse (soutenue le 9 février 2009) : De la perception haptique à la production de dessins chez l’enfant voyant et déficient visuel.
Laboratoire de recherche : Laboratoire de l’apprentissage et du développement
Directrice de thèse : Pr. Annie Vinter








