Titre de l’Oeuvre : Tente
Date de création : 1974
Nature de l’oeuvre : sculpture
Materiaux : acier inoxydable
Dimensions : 14 x 7 mètres
Procédure d’acquisition : 1% artistique
Contexte d’acquisition : accompagne la construction de la faculté Sciences Mirande, Dijon
Localisation actuelle : faculté des Sciences Mirande, campus de Dijon
Située devant la Faculté des Sciences Mirande, la sculpture monumentale Tente a été réalisée en 1974 par l’artiste israélien Yaacov Agam (1928 - ) dans le cadre du 1% artistique liée à la construction de ce bâtiment. Elle fut très vite accueillie par le public. Cette œuvre s’inscrit dans la continuité des recherches de Yacoov Agam sur le mouvement. Dans les années 1950, comme d’autres membres de l’Art cinétique tels Pol Bury et Jesus-Rafael Soto, Yaacov Agam explore dans la sculpture, la peinture et la vidéo les diverses utilisations du mouvement qui peuvent être virtuelles ou réelles. En outre, l’artiste sollicite le spectateur, appelé à se déplacer autour et à travers l’œuvre afin de l’appréhender depuis différents angles de vues.
Tente se compose de cinq structures tubulaires qui représentent cinq sortes de grands « V » inversés. Chacune est constituée d’un tube vertical, axe de rotation fixé sur une plate-forme en marbre blanc, et d’un tube oblique qui à l’origine pouvait pivoter. Ces éléments identiques sont imbriqués les uns dans les autres. Ils sont disposés par ordre décroissant. Le plus petit mesure 4 m, le plus grand 14. La largeur totale de l’ensemble est de 7 m. Par son apparence et ses cylindres inclinés, Tente peut évoquer un cadran solaire ou encore des compas mobiles de différentes dimensions. Ils dessinent sur la surface du socle des arcs de cercle. Ces thèmes, mais aussi la matière industrielle utilisée, l’acier inoxydable à l’aspect lisse et brillant, font allusion à la technologie et à la science. Ainsi, Tente est en relation directe avec la fonction du bâtiment devant lequel elle est placée. Le mouvement est lié ici aux déplacements, aux actions du visiteur et à l’animation de la structure géométrique amovible. Transformable, celle-ci est conçue pour être manipulée par le participant qui a la possibilité de s’investir physiquement dans le dispositif. Il peut circuler à l’intérieur ou autour de l’espace. Il peut déplacer les éléments et faire évoluer l’organisation spatiale de cet ensemble défini et prévu par l’artiste. Par ses manipulations, il produit et crée des jeux de perspectives variés. C’est à partir de cette démarche ludique, active, tactile et visuelle qu’il perçoit toute la complexité de la sculpture. La libre participation qui implique des choix renvoie à la liberté de l’être humain. Par cette mobilité effective qui provoque des changements sur la forme et introduit la notion de temps réel, Yacoov Agam remet en question la fixité des choses et évoque l’idée de transformation. Par les perpétuelles modifications de la sculpture, l’artiste veut nous faire prendre conscience de l’aspect changeant et imprévisible du monde et de sa possible évolution. Représentant la réalité comme une image fragmentaire, Tente, influencée par la pensée Kabbalistique, évoque la recherche d’une nouvelle vérité.
Jugée instable et dangereuse, la sculpture a été fixée en juin 2002 en attente d’une restauration.
M. G.
L’artiste : Yaacov AGAM
Né à Israël en 1928. Elève du Bauhaus, il étudie à Zurich puis à Paris. A partir des années 50, il s’intéresse à l’animation plastique de ses oeuvres. Passionné de technologie, il est l’un des premiers artistes à utiliser la vidéo. Ses oeuvres aux éléments mobiles sont transformables et tendent à exprimer la quatrième dimension, celle du temps. Il participe à la première exposition internationale d’art cinétique à la galerie Denise René, à Paris, en 1955 et est considéré comme l’artiste majeur de ce mouvement. Yaacov Agam sollicite le spectateur par le déplacement du point de vue. C’est en se déplaçant autour de ses tableaux statiques que l’on découvre ses multiples possibilités.






