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Message à la communauté universitaire

Message à la communauté universitaire

Cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s, 

Décidés nationalement, les droits d'inscription dans les universités françaises se sont toujours appliqués de manière identique aux étudiants français et aux étudiants internationaux.

La récente annonce de l’augmentation de ces droits pour les étudiants internationaux extra-communautaires désirant étudier dans notre pays en dehors du cadre de conventions de coopération entre établissements, viendrait mettre un terme à ce principe. Elle suscite des interrogations et des réactions légitimes au sein, notamment, des communautés universitaires et étudiantes.

Tout en opérant une distinction entre les étudiants selon qu’ils sont intra ou extra-communautaires, certaines mesures annoncées par Monsieur le premier ministre le 19 novembre dernier à l’occasion des Rencontres universitaires de la francophonie laissent entrevoir une hausse importante des droits d’inscription dont devront s’acquitter les étudiants internationaux non-ressortissants de l'Union Européenne, de l'Espace Economique Européen, Suisse et Québec.

Si plusieurs mesures de ce plan sont encourageantes (amélioration des conditions d’accueil, travail sur les démarches de délivrance des visas, facilitation de l’accès au logement, augmentation du nombre de bourses – dont plusieurs aspects restent toutefois à préciser – par exemple) il n’en demeure pas moins que la mise en place de frais d’inscription différenciés, heurte les valeurs qui constituent le socle de l’université française.

L’humanisme ; l’universalité et la démocratisation des savoirs ; la compréhension, le dialogue et l’enrichissement interculturels ; la solidarité ; la promotion de l’inclusion sociale ou le développement de la francophonie nous honorent. La mise en place de frais différenciés remet en cause plusieurs de ces valeurs qui nous obligent, toutes et tous, collectivement.

Les montants qui pourraient être appliqués sont en effet tels qu’ils fermeront de facto l’accès à l’enseignement supérieur à des étudiants talentueux de nombreux pays, venant par la même nuire à l’attractivité et à l’internationalisation de nos formations.

C’est pourquoi je soumettrai aux membres du conseil d’administration de l’université de Bourgogne, qui se réunira le 11 décembre prochain, une proposition de texte manifestant son opposition à la mise en place de droits d’inscriptions différenciés.

Je vous assure cher(e)s collègues, cher(e)s étudiant(e)s, de mes sentiments dévoués.

Alain BONNIN
Président de l'université de Bourgogne