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Dans les coulisses

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mercredi 09 décembre 2015 8:00 vendredi 01 janvier 2016 17:00

 

Des étudiants de L3 INFOCOM ont suivi les divers événements proposés dans le cadre du festival les Nuits d’Orient par l’université de Bourgogne. Voici leurs écrits.

 

Marie : portrait d’une danseuse

Marie nous a donné rendez-vous à l’atheneum. A son arrivée, elle marche vers le comptoir, commande un café et se dirige vers notre table. « Je suis à vous » nous dit-elle avec le sourire aux lèvres. Tout de suite, nous observons une grande sérénité chez la danseuse de 27 ans. Cette dernière nous parle de son choix d’intégrer la Luna del Oriente, ce qui finalement en dit long sur la place de la troupe dans sa vie: «  J’aimais bien ce qui était proposé » confit-elle «  le métissage me plaisait car ça diffuse un message de tolérance et de partage »

Enfant, elle prend des cours d’éveil à la danse et se tourne ensuite vers le patinage artistique qu’elle pratique dix ans. Il y a maintenant plus de trois ans qu’elle fait partie du groupe de danse et si son intégration s’est bien passée, ce n’est pas le cas pour tout le monde. « Il faut être dynamique, volontaire et s’accrocher. Le niveau est difficile et demande beaucoup d’investissement. » Comme les autres danseuses, elle a un entraînement tout les mercredi dès 18h30. Durant les « périodes calmes » elle s’entraîne les dimanches après midi une fois par mois. En revanche, en période de création de spectacle, la troupe peut se retrouver les jours fériés et durant ce qu’elles appellent « les week-ends de résidence » ou elles passent trois jours complets à l’atheneum. C’est là que la mise en scène et la création des lumières naissent, que le spectacle prend forme.

1« Ce ne sont pas des cours de danse avec un prof, c’est avant tout un groupe de vie. C’est la danse qui nous rassemble mais on se voit a l’extérieur. »

Le spectacle Antre toi Émoi porte sur les émotions, les relations humaines, les cotés sombres et pétillants de l’Homme « avec un grand H » nous explique la danseuse. Deux personnages articulent le spectacle. D’un côté Mana, représentation de la gentillesse, de l’innocence et de l’autre Marie, incarnation de la colère, qui suscite la peur, l’interrogation. Ce sont elles qui font la liaison entre les différentes chorégraphies. « La représentation est quelque chose de surprenant pour le spectateur, c’est très énergique! »: Tout ça est dû à la dynamique du groupe. En tant qu’association, il y a une chorégraphe, une guide mais aussi des danseuses qui apportent leurs touches personnelles : c’est un travail collectif. « Ce ne sont pas des cours de danse avec un prof, c’est avant tout un groupe de vie! » lance Marie avec entrain « C’est la danse qui nous rassemble mais on se voit à l’extérieur. »
Et les garçons eux, ils ne dansent pas? « Ça a toujours été des filles et c’est volontaire », nous raconte-elle. « Il y a des choses que les garçons ne pourraient pas faire. Certaines danses demandent par exemple de la sensualité! »

VIOLAY Emmanuelle et LAJUGEE Perianne

Les prochaines dates de La Luna del Oriente :  Bistrot de la scène, les 11-12-13 février 2016 et le 06 mars 2016 à Talant.

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« Un visage, c’est un continent rempli de pays à découvrir »

Latifa Messaoudi est une photographe autodidacte dijonnaise. A l’occasion du Festival des Nuits d’Orient, elle expose ses photos des spectacles de la compagnie La Luna Del Oriente. Portrait d’une artiste qui a l’âme voyageuse.

Photographier une troupe de danse était un nouveau défi. « Lorsque je les observe, je sais maintenant quand appuyer sur le déclencheur, à quel moment capter le regard. C’est instinctif ». Le mouvement d’un corps, celui d’un visage et cette vie qui s’en émane, font battre le cœur et vibrer l’objectif de la photographe. « Je dois tout à ma mère, elle m’a offert un appareil photo pour mes 18ans », intime-t-elle. Lors d’un voyage humanitaire au Mali, elle découvre sa passion pour la capture d’image. La jeune femme confie ne jamais sortir son appareil photo dès la première rencontre. Elle préfère d’abord découvrir et être apprivoisée. « Une fois la confiance installée, dit-elle, la personnalité se dévoile davantage. » L’œil affuté, elle a appris à garder la bonne distance avec le sujet et à « capter l’étincelle qui rendra le cliché unique ».

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Latifa Messaoudi : « Une image a des choses à dire », à votre avis quelle est l’histoire de celle-ci ?

 

« Capter l’étincelle qui rendra le cliché unique »

Latifa reste humble et affirme que ce n’est ni le matériel, ni le travail du photographe qui font la beauté d’un cliché, mais plutôt « l’histoire racontée par l’image ». Elle travaille surtout avec des femmes. « Mon regard est féminin, universel et objectif, au contraire des hommes qui sont souvent dans la séduction. », explique-t-elle, les yeux brillants de passion. « Lorsque je regarde ces femmes, je me compare avec elles. Ainsi, je remets en question ma propre image : capturer le corps, c’est une introspection permanente. » Elle souhaite devenir comme les photographes qui l’inspirent : des anthropologues qui racontent des histoires avec leur appareil. Une photographie réussie ? C’est un cliché avec une âme et une singularité. La jeune femme sublime ses modèles et considère que « la beauté n’est pas l’essentiel ». Elle est sensible à l’auto-considération de chacun « j’aime leur montrer que l’on peut se voir avec un regard autre, détonnant de véracité et d’admiration ». Selon elle, il faut « cultiver ce qui fait que tu es unique ». Son moment le plus fort : un nu avec une amie anorexique. « Elle s’est livrée à moi. Chaque partie de son corps, ses os saillants, sa peau plissée racontent sa maladie. C’était bouleversant d’être confrontée à cette facette de la déchéance humaine ». Immortaliser les émotions, les sentiments, capturer la vie, voici l’ambition de Latifa.

Elise Fromonot et Léa Farcy

Pour découvrir l’univers de Latifa : http://lapetitefabriqueweb.fr/latifamessaoudi/

Et pour suivre son actualité : https://www.facebook.com/Latifa-Messaoudi-150348151710149/?hc_location=ufi

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« Un rythme et une musicalité totalement différents »

Véronique Baur est orthophoniste depuis une trentaine d’années. Dans le cadre des Nuits d’Orient, elle a animé des ateliers-conférence sur Les sons de l’arabe. Entretien avec une passionnée.

Comment êtes-vous devenue orthophoniste ?
Je cherchais un métier qui alliait la technique et les relations humaines. Orthophoniste est au carrefour de la médecine et du contact avec les patients. Je travaille avec des enfants sourds. Communiquer, c’est le cœur de mon métier. Tous nos patients ne peuvent pas communiquer convenablement. Nous utilisons toutes sortes d’outils. Des méthodes à base de gestes, pour les personnes malentendantes ou la langue des signes pour les enfants totalement sourds.De plus, il offre une marge importante d’évolution, par la spécialisation ou le changement facile du lieu de travail.

Dans votre métier, vous n’utilisez donc pas cette langue ?
Non. Il m’arrive d’avoir des patients bilingues auquel cas cela peut me servir. Mais je n’aurai pas la prétention d’assurer la prise en charge de personnes arabophones.

Véronique Baur Véronique Baur en pleine intervention durant les Nuits d’Orient.

En quoi les sonorités arabes sont-elles si particulières?
Il y a trois grandes différences. L’arabe a peu de voyelles et beaucoup de consonnes. Contrairement au français qui a beaucoup de voyelles et autant de consonnes. La moitié des consonnes arabes n’existe pas en français. Elles sont donc difficiles à entendre et à prononcer. De plus, la musicalité et le rythme de parole sont très différents. Cela multiplie les obstacles.

Quel est votre rapport avec la langue arabe ?
J’ai des amis qui parlent arabe et j’ai eu l’occasion de séjourner plusieurs fois au Maroc. Je me suis donc intéressée à cette langue et j’en ai appris les bases. Qui plus est, j’aime beaucoup les langues. J’ai ensuite fait le lien avec mes compétences professionnelles, sur l’articulation, les difficultés de prononciation. Ce qui explique ma présence ici.

Quel est votre attachement aux Nuits d’Orient ?
Il faut savoir donner un peu de son temps, partager son enthousiasme, ses connaissances. C’est dans cet esprit que je suis là. Je fais ce type d’intervention pour la première fois durant l’événement mais je viens toujours à titre personnel. Voir un spectacle, participer à la fête…
Toutes les conférencesauxquelles j’ai assistées rencontrent un vrai succès. Les gens sont là, ils écoutent, participent. C’est un encouragement à continuer et à proposer de nouvelles rencontres. De plus, j’aime beaucoup la dimension artistique. Il y a la musique, la calligraphie, la gastronomie. Je reviendrai probablement l’année prochaine. Peut être sous une autre forme, à voir les besoins de l’équipe.

Propos recueillis par MaïmounaBah et Elodie Perret.

 

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Rencontre avec un écrivain militant

Mercredi 2 décembre, l’auteur algérien et universitaire engagé, Amin Zaoui a donné une conférence à l’Université de Bourgogne. Cet échange de près de deux heures entre l’écrivain et son public, a eu lieu grâce à l’association dijonnaise « Un livre, Une vie ». Plusieurs questions ont été abordées autour de ce sujet de réflexion : « Écriture romanesque dans deux langues : imaginaire, lecteur et liberté ».
Pour le romancier, la littérature algérienne s’est enfermée dans les « sujets du sang ». Elle se focalise sur les événements et les idées violentes, qui ont secoué la société. Ainsi, l’individu y est exclu. Les Algériens se nourrissent dans une philosophie de troupeau, et suivent l’idée de ce dicton populaire : « Fais comme ton voisin, ou bien ferme ta porte ». Quand le « moi » n’est pas respecté, alors le « nous » ne peut que être négligé à son tour. Amin Zaoui place le « moi » comme le point central de l’histoire, ce sont les sentiments et les êtres qui ont une réelle importance.

 

Amine et Moustapha

 

« Une religion sans culture est un monstre »

À travers ses œuvres, l’écrivain a un seul objectif : exprimer des souffrances. Il choisit donc des problématiques sensibles comme la religion. Pour lui, cette dernière est la « malédiction de l’être humain », elle est ce pourquoi le sang est versé. La culture nous enseigne la citoyenneté, « si elle est absente alors la religion devient fasciste et extrémiste ! » affirme-t-il, avec beaucoup de conviction. Considéré comme un blasphème, son roman Le huitième ciel, fut brulé sur les places publiques en Algérie. Influencé par des préjugés, le lecteur arabophone ne distingue pas le vrai du faux, le texte de fiction du texte juridique.

« Je suis l’écrivain public de la femme »

L’enfance de l’auteur fut marquée par les récits d’une mère conteuse. Il confie : « Je sens que je suis en train d’écrire sa voix ». De cet exemple maternel, est venue chez le romancier, l’idée de prendre la parole en faveur de la femme. Frère de sept sœurs, la figure féminine est pour lui, celle de l’être humain à part entière et authentique. Il déplore son absence dans le monde arabo-musulman, ce qui freine la modernité.
La conférence s’est ainsi achevée par la lecture d’un extrait du dernier roman de l’auteur, Le miel de la sieste et par un échange avec le public. Ultime question : « En quelle langue rêvez-vous ? ». Fier de ses racines et nostalgique de son pays d’origine, c’est avec un sourire qu’Amin Zaoui répond : « Je rêve toujours en algérien ».

Clara BAZOT et Clélia HUET

Pour en savoir plus :

Voici une interview de l’écrivain dans l’émission de radio Un Lieu, Un Auteur, du 12 juin 2015. Il y retrace son parcours.
http://podcast.radioalgerie.dz/sources/Chaine3/mp3/ffe648e5-674f-4bce-a674-755e1c7e24af.MP3

Amin Zaoui publie régulièrement des chroniques sur le site du quotidien Liberté. Nous vous mettons à disposition un de ses articles, Citoyen ou croyant ?, du 3 décembre 2015
http://www.liberte-algerie.com/chronique/citoyen-ou-croyant-315

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La danse métissée séduit les curieuses

L’air entrainant d’Happy de Pharrell Williams résonnait dans la grande salle de l’Atheneum, mardi dernier. Ce jour-là, dans le cadre du festival « Les Nuits d’Orient », une vingtaine de femmes sont venues fouler le plancher. Encadré par Nora Zrida, professeur de sport au SUAPS de Dijon, le cours d’une heure proposait une initiation aux danses folkloriques du Moyen-Orient. Gratuit et ouvert à tous, cet atelier a permis aux débutantes comme aux danseuses averties d’apprendre quelques pas simples tirés de chorégraphies traditionnelles.

 

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Les unes à côté des autres, les danseuses s’essayent à la danse en ligne.

 

Directrice de la compagnie La Luna Del Oriente, Nora Zrida est une spécialiste des danses du monde. « Chacun s’approprie les mouvements et les interprète à sa façon » explique-t-elle. « Pour ma première participation au festival des Nuits d’Orient, c’est une belle surprise. Le cours a attiré du monde ! ».

En plus des chorégraphies orientales, les curieuses ont aussi expérimenté les danses de ligne sur des musiques plus actuelles. Une passerelle entre Orient et Occident qui semble avoir conquis les participantes. Delphine, étudiante et danseuse aguerrie, se réjouit d’avoir découvert de nouveaux styles. « On a même appris une danse kurde ! » s’amuse-t-elle. Un enthousiasme partagé par Tania, membre du personnel de l’UFR STAPS venue s’essayer à l’atelier avec une amie : « C’est nettement moins contraignant que la danse classique, s’enchante-t-elle. On peut vraiment se lâcher ! ».

Lucie Thomas et Charlotte Meunier

Pour en savoir plus :

Le site de la compagnie La Luna Del Oriente : http://lalunadeloriente.wix.com/lalunadeloriente

Extrait vidéo de danse métissée : https://www.youtube.com/watch?v=jesOzwN_dJY

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