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Mélanie Bruchard, jeune chercheuse en cancérologie, reçoit le prix Hélène Stark

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Actu-Melanie-Bruchard-2013En 4e année de thèse au département d’oncologie médicale du Centre Georges-François Leclerc, elle étudie l’impact d’une molécule de chimiothérapie, le 5-fluorouracile (5FU), sur le système immunitaire des patients.

 

Cette molécule déclenche un effet de résistance chez certains patients.

L’objectif d’une chimiothérapie est d’agir sur l’immunosuppression qui bloque le système immunitaire, pour aider ce dernier à lutter contre les cellules tumorales.

« Il s’agit de comprendre le facteur qui provoque la résistance pour agir dessus, explique la chercheuse. Cette réaction se manifeste en réponse à 2 types de chimiothérapie sur une population immunosuppressive. Ces traitements sont préconisés notamment dans le traitement des cancers du côlon, du pancréas et parfois du sein ».

Lorsque le patient est traité avec le 5-fluorouracile (5FU), des résultats concluants sont notés : le système immunitaire du patient peut attaquer les cellules tumorales. Cependant, environ 10 jours après le traitement, la tumeur grossit de nouveau.

Bloquer le messager

La présence de cellules cancéreuses augmente la production de cellules immunosuppressives (MDSC). Ces dernières empêchent le corps de se défendre contre la tumeur. Le 5FU provoque de bons résultats et permet aux défenses immunitaires de lutter quelques temps. Cependant, sur certains patients, ces cellules immunosuppressives ont malgré tout le temps, avant de disparaître, de relayer l’information à d’autres cellules immunosuppressives, les lymphocytes Th17, qui prennent le relais. Cela a pour effet de bloquer à nouveau le système immunitaire et de favoriser le développement des cellules cancéreuses.
Une augmentation de l’espérance de vie de 10 à 40%

« Les cellules immunosuppressives (MDSC) vont produire une protéine, l’interleukine (IL-1B), qui fait le lien avec les autres cellules et favorise leur prolifération, poursuit la jeune femme. Les travaux ont consisté à bloquer cette protéine, donc empêcher le relais afin de rétablir l’efficacité de la chimiothérapie. Grâce à ce processus, les tests effectués sur les souris montrent une augmentation de l’espérance de vie de 10% à 40% ».

Des essais cliniques de phase 2

Un essai clinique de phase 2 est lancé grâce aux résultats concluant de ces travaux de recherche. Le professeur Ghiringhelli prend le relais pour ces études cliniques réalisées sur des patients. La phase 2 consiste à tester ces travaux sur un échantillon de patient ayant atteint un stade élevé du cancer. Si l’efficacité du traitement augmente, les phases 3 et 4 seront enclenchées. « Si toutes les phases sont concluantes, il faut compter environ 10 ans pour que le traitement soit appliqué sur les patients. Grâce à ce type de recherches, nous allons vers une personnalisation (par groupe) du traitement ». En comprenant le système immunitaire de chaque patient, les soins seront de plus en plus adaptés à son terrain. A long terme, ces travaux augmentent fortement l’espoir de guérison des patients.

Parcours

Originaire de Cluny, Mélanie Bruchard suit des études de biochimie puis un master 2 recherche option cancérologie à l’université de Bourgogne.
Elle vient d’achever sa 4e année de thèse au Centre Georges-François Leclerc et poursuit dès l’année prochaine un post-doctorat à Amsterdam. Elle étudiera cette fois le rôle des lymphocytes T dans le cancer.
Son projet : Poursuivre ses recherches en immunologie à Dijon

Voir aussi :
Immunosuppression
Centre Georges-François Leclerc
Laboratoire INSERM U866

 

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